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 Chapitre II

Les principales conceptions de la religion élémentaire :

Ici Durkheim fait une analyse critique de certaines conceptions erronées de l'émergence religieuse en vogue à l'époque. On passera brièvement, ces dernières n'ayant plus cours depuis. (on peut zapper cette page)

I. L'animisme : I, II, III, IV, V.

En gros, l'animisme partait du présupposé que les humains se voyaient voyager en dehors de leurs corps lorsqu'ils rêvaient. D'où l'idée d'une âme détachée du corps qui serait à l'origine des croyances en des projections des âmes dans des objets, animaux, phénomènes ou déités.

Durkheim fait remarquer qu'on prend aisément les primitifs pour des imbéciles. En particulier lorsque quelqu'un rêve qu'il rencontre quelqu'un dans un rêve, s'il croit que c'est son âme qui l'a rencontré, il serait logique que celui dont il a rencontré l'âme dans son rêve ait aussi rencontré la sienne dans son rêve ; Or il n'en est rien la plupart du temps et lorsque que cela se produit c'est en d'autres circonstances.

Donc nos « bons sauvages » auraient du logiquement en conclure que ce n'était pas leurs âmes qui s'était rencontrées, nonobstant ils étaient également coutumiers des rêveries éveillées qui ressemblent aux rêves, et donc les rêves n'étaient pour eux comme pour nous des sorte de divagations de l'imagination.

Ce que corrobore les études anthropologiques d'ailleurs lorsqu'on interrogent les « indigènes ».

L'origine des projections animistes sacralisées se trouvaient donc ailleurs.

Chapitre III (suite)

II. Le naturisme : I, II, III.

Idem en gros : L'humain se serait extasié sur l'infinie complexité de la nature, et l'aurait déifiée avant d'y voir la mainmise d'une intelligence supérieure derrière tout ceci.

Et l'étude anthropologique le dément encore : Les primitifs considèrent la nature comme allant de soi, et d'ailleurs se considèrent comme faisant partie d'elle-même.

L'émerveillement devant la nature est assez tardif, c'est en cherchant à la comprendre que l'humain a considéré peu à peu que cela n'allait pas de soi, mais relevait de processus complexes dont il avait du mal à disserter les ressorts, d'où seulement alors son émerveillement.

Auparavant nos primitifs considèrent que ce qui existe existe, avec ses propriétés intrinsèques qu'il n'est pas nécessaire de chercher à comprendre : C'est comme ça, point c'est tout. Il n'y arien de magique là dedans, c'est de l'ordre du « normal » pour eux.

Aussi, la primauté du langage comme agent transcendental est par trop magnifié dans cette approche.

En conclusion :

Si opposés, à ce qu'il semble, dans leurs conclusions, les deux systèmes que nous venons d'étudier concordent cependant sur un point essentiel : ... Tous deux, en effet, entreprennent de construire la notion du divin avec les sensations qu'éveillent en nous certains phénomènes naturels, soit physiques soit biologiques. Pour les animistes, c'est le rêve, pour les naturistes, ce sont certaines manifestations cosmiques qui auraient été le point de départ de l'évolution religieuse. Mais pour les uns et pour les autres, c'est dans la nature, soit de l'homme soit de l'univers, qu'il faudrait aller chercher le germe de la grande opposition qui sépare le profane du sacré.

Mais une telle entreprise est impossible : elle suppose une véritable création ex nihilo. Un fait de l'expérience commune ne peut nous donner l'idée d'une chose qui a pour caractéristique d'être en dehors du monde de l'expérience commune. L'homme, tel qu'il s'apparaît à lui-même dans ses songes, n'est pourtant qu'un homme. Les forces naturelles, telles que les perçoivent nos sens, ne sont que des forces naturelles, quelle que puisse être leur intensité. De là vient la commune critique que nous adressions à l'une et à l'autre doctrine. Pour expliquer comment ces prétendues données de la pensée religieuse ont pu prendre un caractère sacré que rien ne fonde objectivement, il fallait admettre que tout un mode de représentations hallucinatoires est venu s'y superposer, les dénaturer au point de les rendre méconnaissables et substituer à la réalité une pure fantasmagorie. Ici, ce sont les illusions du rêve qui auraient opéré cette transfiguration ; là, c'est le brillant et vain cortège d'images évoquées par le mot. Mais, dans un cas comme dans l'autre, il fallait en venir à voir dans la religion le produit d'une interprétation délirante.

Une conclusion positive se dégage donc de cet examen critique. Puisque ni l'homme ni la nature n'ont, par eux-mêmes de caractère sacré, c'est qu'ils le tiennent d'une autre source. En dehors de l'individu humain et du monde physique, il doit donc y avoir quelque autre réalité par rapport à laquelle cette espèce de délire qu'est bien, en un sens, toute religion, prend une signification et une valeur objective. En d'autres termes, ... il doit y avoir un autre culte, plus fondamental et plus primitif, dont les premiers ne sont vraisemblablement que des formes dérivées ou des aspects particuliers.

 

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