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Chapitre IV

Le totémisme comme religion élémentaire : I, II.

Cette approche est par contre privilégiée comme plus pertinente par Durkheim :

Il définit la base de son étude du totémisme. Bien que très au fait des nombreux systèmes religieux, il se concentre sur les systèmes totémiques d'Australie et des tribus amérindiennes et s'en explique.

Si donc nous ne voulons pas tomber dans les mêmes erreurs (amalgames), il nous faudra, au lieu de disperser notre recherche sur toutes les sociétés possibles, la concentrer sur un type nettement déterminé.

Il importe même que cette concentration soit aussi étroite que possible. On ne peut comparer utilement que des faits que l'on connaît bien. Or, quand on entreprend d'embrasser toutes sortes de sociétés et de civilisations, on n'en peut connaître aucune avec la compétence qui serait nécessaire ; quand on assemble, pour les rapprocher, des faits de toute provenance, on est obligé de les prendre de toutes mains sans qu'on ait les moyens ni même le temps d'en faire la critique. ... Elle ne peut donner de résultats sérieux que si elle s'applique à un nombre assez restreint de sociétés pour que chacune d'elles puisse être étudiée avec une suffisante précision. L'essentiel est de choisir celles où l'investigation a le plus de chances d'être fructueuse.

Aussi bien la valeur des faits importe-t-elle beaucoup plus que leur nombre. La question de savoir si le totémisme a été plus ou moins répandu est, à nos yeux, très secondaire. S'il nous intéresse, c'est avant tout parce que, en l'étudiant, nous espérons découvrir des rapports de nature à mieux nous faire comprendre ce qu'est la religion. Or, pour établir des rapports, il est ni nécessaire ni toujours utile d'entasser les expériences les unes sur les autres ; il est bien plus important d'en avoir de bien faites et qui soient vraiment significatives. Un fait unique peut mettre une loi en lumière, alors qu'une multitude d'observations imprécises et vagues ne peut produire que confusion. Le savant, dans toute espèce de science, serait submergé par les faits qui s'offrent à lui s'il ne faisait pas un choix entre eux. Il faut qu'il discerne ceux qui promettent d'être le plus instructifs, qu'il porte sur eux son attention et se détourne provisoirement des autres.

Ces deux champs d'investigation correspondent à des intérêts particuliers. Les clans australiens sont les plus primitifs qu'on puisse étudier sur terre, d'où l'intérêt quand aux origines du fait religieux. Mais ces derniers sont si primitifs qu'il sont un peu diffus : Ils fonctionnent de manière intuitive sans trop formaliser les choses, de façon elliptique.

Il les comparera donc aux modèles amérindiens qui, bien que fonctionnant dans des modèles plus élaborés, moins primitifs, sont par contre plus formalisés, donc plus facilement décryptables.

La dialectique qu'il instaure entre les deux systèmes lui permettra d'éclairer l'un avec l'autre et réciproquement.

Ainsi la précision des rites amérindiens lui permettra de mieux cerner les « ellipses » des cultes australiens, comme les rites australiens lui permettra de mieux cerner l'origine des rites amérindiens dans la perspective de l'évolution historique de la genèse religieuse.

 

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