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Encore un drôle d'oiseau : donc le Corroborri est la forme initiale de la messe et de toute manifestation religieuse.

Initialement sa fonction est d'amener l'individu à un état de transe qui revitalise sa condition de membre du clan totémique en le faisant fusioner avec son totem. Durkheim pensait que l'exaltation était siné qua non à cette transmutation d'individu à membre totémique. Mais force est de constater que les chrétiens ne sont pas très expansifs durant la messe, soit on y chante des cantiques mais pas franchement du rock & roll (sauf Godspells).

N'oublions pas que les chrétiens ont du célébrer leur messes en grand secrêt durant presque 400 ans, Par ailleurs, la fusion avec l'âme du groupe et le totem peut emprunter les chemins de l'introspection et de la méditation.

Néanmoins l'exacerbation est plutôt la norme, des chants, des danses, cris et incantations amènent les participants à une sorte d'exaltation transendantale qui lui donne a penser qu'il passe du monde ordinaire à la sphère du sacré, pour ce faire on y consomme parfois des stupéfiants. Bon; exit le vin de messe pour le fidèles , mais c'est dans l'esprit... les grandes civilisations tablent plutôt sur le magistral des grands temples, mosquées et cathédrales, sur la richesse du décorum.

Ceci dit ce coté exalté se retrouve très bien dans les nouveaux cultes : La politique et ses grands rassemblements, le foot ball, basket, rave-parties et autres concerts de rock, voir aussi les carnavals et autres fêtes de la bière. Sans parler des réunions de famille ou entre entre amis, où on y parle fort en buvant l'apéro, fumant... voir même des pétards ou autres stupéfiants (ça arrive aussi).

D'ailleurs cette propention à transender la réalité en passant de l'autre coté du miroir, se retrouve dans la recherche de sensations fortes dans les fêtes foraines, mais aussi en delta plane, saut à élastique, paracutisme et autres sports extrèmes, mais aussi au cinéma où l'on se gave de sensations fortes autant qu'étranges et exotiques. Parfois aussi dans la recherche de l'exotisme dans les resto chinois, indiens, africains, et donc les voyages à l'étranger : La rencontre avec l'étrangeté de l'autre étant autant troublant, qu'a l'essence même de la trenscendance qui nous fait passer de l'état d'individu à celui de membre d'un groupe.

D'ailleurs Durkheim note que le simple fait de se grouper en nombre, pour les aborigènes habitués à vivre isolés, avait déjà en soi un effet exultatoire. En somme dans les sociétés urbaines nous vivons en corroborris permanents, d'où aussi un coté blasé, un self control plus affirmé dans les cérémonies par accoutumance.

D'ailleurs la grande fusion communautaire s'invite désormais à domicile par le truchement de la télévision, voir même d'internet : On parle ainsi de la messe du 20 heures où tout le monde s'informe de la santé de la communauté à travers les nouvelles, prenant ainsi la température de l'âme collective pour mieux la réintrojecter.

Ah oui, un des rituels prisés durant ces cérémonies, consiste à manger en commun le totem pour s'imprégner de son âme. Ceci dit, il y a de multiples autres façons de s'imprégner de l'âme du totem : exulter de joie tous enssemble lorsque son équipe marque un but (car manger sa pizza comme tout le monde devant le poste n'est que très accessoire dans le rituel) ; ceci dit ça s'apparente au canibalisme, il s'agit quand même de terraser l'aversaire pour s'emparer et se nourrir symboliquement de la force de son âme déchue.

Actuellement encore au népal, des concours de tir à l'arc sont organisés entre les différentes communautés villageoises. Les vainqueurs sont sensés avoir de meilleures récoltes dans l'année. C'est une variante des cultes de revitalisation de la nature à la saison des pluie, aussi des jeux olympiques antiques où les vainqueurs gagnaient les faveurs des Dieux. C'est très sérieux, au point qu'on dissimule des tissus imprégnés de menstrues dans les arbres sur le passage d'arrivée des adversaires pour leur porter la poisse. Le sport a donc des origines clairement sacrée. Le Népal envoie une délégation de tireur à l'arc aux Jeux Olympiques évidemment, et certains avancent que c'est pour d'autres raisons que les autres équipes... Mais est-ce bien sûr ? Quand on voit les enjeux idéologiques qu'y mettent les différentes nations, qui voient dans leur "moisson" de médailles une preuve de la vitalité de leur totem national ?

Ceci dit le sport n'a pas besoin d'antériorité sacrée pour y renvoyer. Chaque rencontre est une grande messe où chants de supporters, cris et grimages à l'image des totems mettent les communautés de supporters dans un état d'exaltation propre à ressourcer le sentiment d'appartenance à la communauté de chaque clan.

 

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