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 Bon, à lire Durkheim, la religion (c'est à dire la société hypostasiée) est une merveille purement humaine. Mais il était de son époque. Depuis bien des éthologues ont fait remarquer que les sociétés humaines fonctionnaient grandement comme maintes sociétés animales. D'autres ont démontré le caractère "superstitieux" de certains des comportements animaliers.

 Voyons un peu où les cultes y puisent leurs racines ?

 Les oiseaux migrateurs se réunissent deux fois l'an en vue de migration, pour mieux voyager sans doute, mais pas seulement. Durant ces réunions ils se mettent tous à piailler à qui mieux mieux. Or il a été démontré que ces piaillements avaient une influence sur les hormones de reproduction des individus par la suite. Plus les piaillements sont nombreux plus ces hormones sont inhibées... C'est un rituel de régulation démographique de l'espèce.

 Il n'est pas démontré que la qualité "joyeuse", et/ou "angoissées" des piallements influe, car non mesurable. Mais cela est subodoré.

 En d'autres termes, les "corrobboris" (réunions rituelles religieuses), n'auraient pas simplement pour fonction de former et de perpertuer la société, mais aussi de la réguler, non seulement de façon morale, mais plus prosaïquement instinctuelle par hormones interposés. Ainsi la messe n'est pas tant importante que les piaillement à sa sortie, où chacun y va de son commentaire sur ses congénères et les derniers potins du coin. Chacun peut y mesurer à la fois et la vitalité de la communauté, et la vitalité de chacun comparé à la sienne propre.

 Durkheim souligne la fonction régénératrice de ces rituels communautaires, tant collective qu'individuelles, mais avaient zappé la finesse de l'effet produit dans le moral collectif et individuels par plus ou moins d'exhaltation, mais aussi sans doute la teneur plus ou moins joyeuse et/ou angoissée de cette exaltation, influant sur l'allant démographique (et probablement tant sur un plan génétique, que voir économique). D'ailleurs régénératrice fait clairement allusion à la régénération génétique de la société, et les rituels initiatiques des nouvelles générations ont souvent cours lors de ces corrobboris.

 Ces grandes réunions sont d'ailleurs largement remplacées par les média qui nous donnent régulièrement la "température" de la société, quoi qu'un bon bain de foule semble rester nécessaire à notre instinct grégaire (sorties culturelles, manifs...)

 Ces "corroboris" sont généralement sensés être festifs et dynamisants, mais force est de constater que la fête a une facheuse tendance à tourner vinaigre. On y retrouve la tendance à y consommer des substances psychotropes (alcool ou autre), et ça amène à bien des excès pas toujours très réjouissants comme dans les vrais corrobboris religieux, les hooligans gachent régulièrement les rencontres sportives. Le message en est en soi : trop de vitalité (exhaltation, démographie, dynamisme économique) peut conduire à la déchéance.

Nous sommes toujours dans le cycle duel mort/renaissance du totem, mais aussi on sent bien que la façon dont se déroule ce cycle au cours de la réunion a valeur de bonne santé clanique, ou non, pour le clan et ses membres... influant donc sur le moral et l'allant de la communauté et de chacun, dans ses manières d'aborder les choses à la suite, chacun à sa façon, et donc régulant la société génétiquement et économiquement.

 

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