(et « dommages colatéraux ») :

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Un résumé lapidaire pour commencer :

 Durkheim s'est attaché à dépouiller l'essentiel du fait religieux de l'accessoire. Pour cela il a étudié les formes religieuses les plus primitives pour mieux en saisir l'essence même, avant d'en tirer des conclusions générales quant à la genèse et organisation des sociétés humaines, et de la pensée du réel par l'humain.

Il en conclut que toute genèse et perpétuation d'un groupe humain passe par la transcendance religieuse. Sauf que cette notion de « religion » dépasse largement le cadre qu'on lui attribue habituellement, pour englober toutes les formes de cultes laïcs : révolutions, politiques, sciences, artistiques et culturels.

TOTEMS ET RELIGIONS :

La forme basique de cette transcendance religieuse est la constitution d'un totem du groupe.

L'humain est un animal grégaire qui n'existe pas en tant qu'individu isolé : Il a besoin d'appartenir à un groupe pour se réaliser en tant qu'humain, faute de quoi sa vie perd de son élan vital qui est animé par l'« âme » du groupe.

En présence de ses compagnons, il se sent pousser des ailes par une effervescence de son être : Il est comme transcendé par le souffle du groupe (la mana).

Le groupe est en sorte l'animateur sine qua non de son existence. C'est ainsi une puissance, supérieure et extérieure à lui, qui dirige son existence. Son être est mu par l'âme totémique de son groupe. En ce sens l'âme individuelle n'existe qu'en tant que déclinaison interprétative personnelle de cette âme collective qui l'habite.

Et il se trouve ainsi en nécessité de formaliser ce fait pour le perpétuer face à son angoisse d'anéantissement personnel en tant qu'individu privé de sa substance revitalisante collective.

Il formalise ainsi collectivement la façon dont le groupe habite son existence à travers un symbole mystique de cette puissance supérieure : Le totem du groupe. Cette formalisation est plus intuitive et quasi instinctive que réfléchie évidemment.

Le totem est la représentation du groupe à vouloir exister en tant que groupe, son emblème, ses armoiries. C'est aussi la représentation mystique de la puissance vivifiante que le groupe exerce sur l'individu. C'est aussi le seul moyen dont dispose le groupe pour se générer et se perpétuer : son élément fondateur, et son ciment.

Le totem est l' « âme » du groupe, sa colonne vertébrale, sa représentation transcendantale.

"Le principe sacré n'est autre chose que la société hyposthasiée est transfigurée" résume Durkheim.

Vox Populi, Vox Dei se retrouve ainsi justifié quasi littéralement.

Il n'est pas tant une instance transcendantale en soi, extérieure au groupe, que la manifestation du groupe en lui-même : Il est en chacun des membres du groupe qui s'identifie à lui, et en même temps en chacun des symboles du totem avec lesquels les individus se confondent.

L'individu, privé de substance, fusionne avec son totem lors de cérémonies consacrées à travers l'exaltation qu'elles suscitent alors. Les individus fusionnant ensemble avec le totem fusionnent entre eux en tant que membre du collectif "substantivant". L'individu est alors en sorte transcendé en un membre de la communauté, qui, elle, se fonde et se refonde ainsi : Il est nécessaire de pratiquer ces rituels cérémoniels régulièrement afin d'éviter que la mémoire de cette fusion collective ne s'estompe, de même l'affichage omniprésent du totem permet au groupe de se remémorer constamment son caractère fusionnel.

Le totem peut-être n'importe quoi, mais quelque chose de proche, qui se côtoie régulièrement pour se rappeler plus facilement à la mémoire de chacun : c'est juste un symbole de ralliement, mais il est investi de croyances mystiques fortes. Des sous totems déclinent souvent la symbollique du totem principal, pour mieux être omniprésent.

Dans les sociétés primitives, c'est généralement un animal que côtoie habituellement le groupe de chasseurs, parfois un végétal, puis des éléments, le soleil, l'eau, le feu, une montagne, un fleuve, etc. . Dans les civilisations plus évoluées, ce peut être une philosophie (Bouddhisme, Taoïsme, etc.), une ou plusieurs déités, ainsi que des valeurs communes laïques "consacrées par le collectif" pour les sociétés modernes : la nation, un idéal politique, le team sportif, le culte d'une personnalité du show-biz avec l'expression des valeurs qu'elle porte parfois intuitivement, voir simplement d'une marque (Nike, Harley Davidson, Dior, Apple, etc.), Etc., etc..

Ici, Durkheim assimile tout fonctionnement social apparenté au totémisme (la base de tout fonctionnement de type religieux) à un fait quasi religieux en soi sociologiquement parlant.

Prenons le coq gaulois comme totem (qui fut d'ailleurs surement un vrai totem à l'époque celtique), on y trouvera aisément une rationalisation : C'est l'emblème du peuple (gaulois d'origine : gallinacé = coq), c'eut été celui du monarque ce fut un aigle ou le soleil (fleur de lys), donc le coq désigne le peuple. et l'on se prend à caractériser le peuple par l'animal, qui malgré son extraction modeste sait rester fier, et même dans les circonstances les plus difficilement sordides dues à sa condition, les deux pieds dans le fumier, celà ne l'empèche pas d'avoir la pêche et de lancer fièrement son cocorico. Mais aussi bien dans le genre c'eut pu être une oie, une chèvre, un sanglier, mais pourquoi pas aussi un ours comme certains suisses : un animal qui est indépendant et ne s'inféode à aucun autre, mais c'est le cas de l'aigle aussi, et pourquoi pas la fleur de lys des rois de France. En fait le choix du coq n'est en rien lié au caractère initial des celtes dit "gaulois" par César, c'est sans doute un pur hazard du à la proximité géographique initiale du clan d'origine avec lesdites bestioles. Mais c'est interressant parce que ce totem nous est resté dans sa forme "insignifiante" en soi. Soyons clair, bien d'autres peuples ont pour totem celui de leur ex-souverain, qui eux ont choisi un totem personnel plutôt valorisant, Lion, ours, aigle, soleil : en regard le coq est manifestement clanique et non personnel, comme l'âne catalan, et c'est la seule chose qu'on puisse en tirer. Car donner le caractère du coq aux gaulois est proprement totémique, le membre du clan est possédé par l'âme de son totem, il est son totem et en possède le caractère : Quand on vous dit que nous ne sommes que des primitifs mal dégrossis !

Extrapolation au monde moderne : Durkheim n'a pas tout dit sur les extrapolations de son analyse quant aux faits à venir. Mais à l'instar de Newton qui n'a pas dit que Neptune était soumis à la gravitation du soleil, car découverte après sa mort, sa théorie vaut pour Neptune néanmoins : c'est l'universalisme scientifique, qui n'a pas besoin de redémontrer les lois pour chaque objet mais les pose une fois pour toute pour tout objet de sa catégorie (ici phénomène d'expression sociale formalisant une communauté identifiante). Si Durkheim a analysé la révolution française anticléricale comme s'intaurant au début comme une véritable religion par exemple, il est évident que son analyse peut s'extrapoler au communisme, au nazisme, et tout autre mouvement social formant une communauté idéologique (ou d'une autre nature d'ailleurs).

Ce qu'il en dit :

il n'est pas moins vrai que, quand une loi a été prouvée par une expérience bien faite, cette preuve est valable univer­selle­ment. Si, dans un cas même unique, un savant parvenait à surprendre le secret de la vie, ce cas fût-il celui de l'être protoplasmique le plus simple qu'on pût concevoir, les vérités ainsi obtenues seraient applicables à tous les vivants, même aux plus élevés. Si donc, dans les très humbles sociétés qui viennent d'être étudiées, nous avons réellement réussi à apercevoir quelques-uns des éléments dont sont faites les notions religieuses les plus fondamentales, il n'y a pas de raison pour ne pas étendre aux autres religions les résultats les plus généraux de notre recherche. Il n'est pas concevable, en effet, que, suivant les circonstances, un même effet puisse être dû tantôt à une cause, tantôt à une autre, à moins que, au fond, les deux causes n'en fassent qu'une. Une même idée ne peut pas exprimer ici une réalité, et là une réalité différente, à moins que cette dualité soit simplement apparente. Si, chez certains peuples, les idées de sacré, d'âme, de dieux s'expliquent sociologiquement, on doit scientifiquement présumer que, en principe, la même explication vaut pour tous les peuples où les mêmes idées se retrouvent avec les mêmes caractères essentiels. A supposer donc que nous ne nous soyons pas trompé, ...  nos conclusions peuvent légitimement être généralisées

Concernant les totems modernes tels que les philosophies : "aime ton prochain comme toi même" ou "liberté égalité fraternité" ce sont en sorte des totems claniques, mais qui aurait été emprunté à la forme d'un totem personnel : Clanique parce que concernant manifestement le groupe qui se forme et non un individu, mais empruntant au personnel car parfois le totem personnel est choisi par l'individu en fonction de ce qu'il ressent lui correspondre intimement. Mais cet aspect du totem choisi n'a pas été traité par Durkheim pourtant essentiel pour comprendre les cultes modernes que je traiterai à part >ICI< .

Ainsi le clan totémique fonctionne comme une famille avec ses obligations de solidarité, ses interdits d'agression et de mariage au sein du clan, et chaque membre du clan porte le même nom. Par ailleurs certains peuvent avoir un totem personnel octroyé ou choisi. Aussi le nom de famille est très certainement une survivance totémique, les nobles avait même des armoiries liées à leur « clan » ; le prénom aussi une survivance du totem personnel. Et cela n'est pas qu'une vue de l'esprit si l'on considère comme insultant (quasi blasphématoire) le fait de se moquer du nom de quelqu'un, c'est comme bruler un drapeau ou une relique religieuse. La famille constitue toujours un « clan totémique » en soi dans la culture moderne.

POLYTHEISMES :

Le totem principal a toujours été associé à de multiples sous-totems : le Serpent-non-venimeux avait pour sous-totems, l'anguille, le dauphin (animaux ondoyants), l'eau, la lune etc..

Par ailleurs, bien que chacun des clans constituant une tribu ait son propre culte à son totem, tous les cultes étaient bâtis sur le même modèle. Et si les membres du clan du kangourou se vivaient comme étant des kangourous, les membres des autres clans de la tribu les considéraient aussi comme tels.

De même, l'ensemble des totems et sous-totem d'une tribu embrassait, par juxtaposition, l'ensemble des choses connues du monde par la tribu. Ce n'était donc pas tant une simple juxtaposition qu'un tout cosmologique intriqué.

Ainsi si l'on abonde dans la croyance au socialisme, formant un clan totémique, on n'en demeure pas moins membre de la tribu démocrate comprenant tous les clans totémiques politiques formant un tout cosmologique du monde politique.

Les religions elles-mêmes juxtaposent souvent diverses croyances intriquées, les cultes agraires ont toujours côtoyés les religions officielles par exemple, sans parler des sous cultes aux différents saints, califes, monarques, superstitions en tout genres, astrologie, tarots et autres figures démoniaques...

Les sociétés modernes sont ainsi éparpillées en moult cultes plus ou moins laïcs. Un catholique ira à la messe, avant d'aller à un meeting de son parti politique, puis à un concert de son chanteur fétiche, en passant par le divin défilé de mode du dernier grand couturier, tout en s'informant sur les performances des dieux du stade, des dernières "révélations" scientifiques, et du cours de la bourse. On parle d'icônes de la danse, de monstres sacrés du cinéma, d'idoles de la chanson, de la messe du vingt heures ou de la grand messe des universités d'été du parti socialisme ; ce ne sont tant des métaphores qu'une culture durkheimienne passée dans les mœurs sans y prendre garde.

Ainsi toute croyance formant une communauté d'esprit est en sorte de nature religieuse. Avec des « religions » paradoxales parfois : la science (voir chapitre suivant), l'athéisme, qui ont pour totem la raison. Aussi les sectes n'en sont pas moins des religions (sectaires mais religions quand même), la politique , Durkheim décrit ainsi la révolution Française comme un phénomène religieux, la culture, les beaux arts dit-il. L'écologie renoue même avec les cultes primitifs en re-sacralisant la nature (nonobstant les religions classiques ne l'ont jamais exclue de leur culte, même si elle n'était qu'un faire valoir de l'immanence supérieure), la réincorporant dans le cercle du clan : l'animal, le végétal, le minéral, le cosmologique refont désormais partie de l'immanence formant une communauté d'esprit avec l'humain qu'il faut protéger comme faisant partie du « clan totémique ».

TOTEMISME ET CONNAISSANCES HUMAINES :

Pour Durkheim le totémisme est à la base de toutes connaissances humaines.

D'abord en tant que conscience d'appartenir à un tout.

Et dans un premier temps, cette conscience totémique est en soi confusionante : Elle mélange allègrement les règnes animaux, végétaux, minéraux et cosmologiques en mélangeant les genres.

Mais aussi, c'est une première tentative de catégoriser les choses par propriétés intrinsèques (Kakatoes blanc avec le soleil, le noir avec la lune ; le serpent avec l'anguille et le dauphin ; tel animal avec les végétaux dont il se nourrit ; etc.). Catégorisation qui sera aussi la base de la connaissance scientifique.

Mais le totémisme sépare aussi et surtout ce qui est l'ordre du profane de ce qui est de l'ordre du sacré (qui fusionne les choses dans la représentation sacralisée de l'immanence du collectif). Il ne nie pas le réel (profane) qu'il prend pour ce qu'il est dans ce domaine, mais symbolise la prégnance du collectif sur l'individu dans le sacré de façon intuitive.

En ce sens Durkheim dit que cette symbolique, quoi qu'inadéquate dans la forme, est plus explicite sur le fond.

Le sacré insinue de sorte que : Le rapport des choses entre elles de prime abord n'est pas la réalité objective... Il existe des mécanismes cachés à l'entendement premier qui président à la marche du monde (ici la dynamique collective).

Quoi que le surnaturel n'existe pas pour le primitif : tout est logique puisqu'il le perçoit tel que, y compris la construction totémique du groupe.

Néanmoins, cette construction intellectuelle du sacré engendrera, bien plus tard dans les civilisations modernes, l'idée d'une séparation entre le réel perçu (profane en soi) et les mécanismes invisibles (sacrés) qui le meuvent, comme l'âme totémique qui meut les corps, invisible et pourtant agissante.

L'idée de sacré y est alors associée au surnaturel, opposant naturel « profane » au surnaturel « sacré ».

Ainsi le profane répond à une logique qui constate que le phénomène A influe sur le phénomène B, mais sans établir de lien de cause à effet. Le sacré quant à lui fournit une explication mythique, erronée soit, mais qui a l'avantage d'insinuer qu'il y a des mécanismes cachés.

Cette idée de mécanismes cachés est à la base de la pensée scientifique. Peu à peu les explications mythiques montreront leurs limites, et la science prendra le relais, mais toujours sur cette idée fondamentale tout de même que ce qui est visible, évident de prime abord, profane, n'est pas ce qui est en réalité : qu'il y a du « caché » à décrypter. Même si la science ne se veut mystique, sa démarche est intrinsèquement liée au mysticisme qui l'a précédé.

La science ne s'attache ainsi pas aux évidences premières (la terre est plate et le soleil lui tourne autour), mais affirme, à l'instar du mysticisme, que les apparences sont trompeuses et qu'il faut aller voir « au delà » la réelle nature des choses. En soi c'est une croyance, qui, même étayée à postériori par les faits, dénie à la perception immédiate du réel (profane) une pertinence à priori : c'est le mythe de la caverne de Platon.

Le réel n'est pas en sorte ce qu'il semble être de prime abord, il doit être décrypté en terme de « caché » pour être correctement abordé.

La tendance est de considérer la science comme collant au réel « profane » en soi. Alors que sa démarche intellectuelle se rattache au mystique qui se méfie du réel « profane » immédiatement perceptible, et donc faussement évident à priori.

La science n'est donc pas du domaine de l'évidence, mais du domaine des ressorts cachés, qui réclament une initiation intellectuelle pour être abordés, ainsi que l'observance de méthodologies ritualisées scrupuleusement respectées.

La connaissance profane d'un réel évident n'est ainsi qu'une illusion de l'esprit, que la connaissance scientifique doit combattre pour s'imposer.

À ce propos Durkheim fait un parallèle entre les progrès de la connaissance de la nature et la connaissance en sciences humaines. L'humain tient ainsi pour acquis que ce qui relève des sciences naturelles n'est pas de l'ordre des évidences premières, mais de mécanismes complexes invisibles de prime abord. Mais en ce concerne le social, il prendra les évidences premières pour argent comptant la plupart du temps en prenant pour billevesées fumeuses toute tentative de remise en cause de ces évidences. En matière de social nous ne sommes encore que des primitifs qui s'illusionnent sur de fausses évidences en somme.

Ainsi l'idée est encore fort répandue tant chez le citoyen que un homme politique peut changer la société par sa simple action individuelle ; alors que cela ne passera que par une totémisation d'un courant de pensée dont il n'est que le porte drapeau. Totémisation qui n'aura sans doute rien à voir avec la cohérence de sa politique (les russes ont longtemps attendu le paradis prolétarien, promis par Staline dont la société ressemblait plus au féodalisme qu'à la nouvelle ère mythique annoncée, ceci bien que Staline y crut lui-même).

Allez donc dire à un anarchiste que son mouvement est une religion au sens sociologique du terme : Au mieux il prendra votre analyse pour une mauvaise caricature vainement destinée à décrédibiliser son mouvement, au pire pour une provocation insultante. Allez donc dire à un scientifique que sa démarche est de nature profondément mystique (quoi que les plus avertis en conviendront). Allez donc dire que l'athéisme est de nature religieuse ; à un républicain laïc que la république est une religion. Et à Wikipédia que le Monstre en Spaghetti Volantisme n'est pas qu'une parodie de religion, mais aussi sociologiquement parlant une religion avec tous ses atours, pas tant dans les apparences qu'il veut bien se donner, mais dans les faits dont il n'a sans doute pas conscience lui-même (et que Wikipédia est, en lui-même, une religion)... Etc.

RITUALISATIONS OU CULTE RENDU AU CULTE :

Enfin Durkheim introduit la notion de rituels comme un culte rendu au culte.

Ainsi les différents rituels apparaissent comme des revitalisations de la communauté qui se délite dans les activités profanes de la vie ordinaire de ses ouailles, ceci par des rituels revivifiants réguliers.

Ces rituels se déroulent en général à des moments clés de la vie du groupe, en général à l'arrivée de la saison des pluies qui marque le renouveau de la nature. Et c'est à ce moment là que se déroule l'initiation des jeunes pour être introduit dans la communauté comme symbole du renouvellement de cette dernière. Le culte du renouveau de la nature symbolise en fait le renouveau de la communauté par la répétition des rites dans le culte en lui même.

La saison sèche symbolise en sorte le délitement de la communauté dans les taches profanes entre deux cérémonies cultuelles, et l'arrivée de la pluie revivifiante comme la revitalisation du collectif par le culte dans sa ritualisation : La concomitance des deux évènements ne doit rien au hazard. Ainsi le culte du printemps, des moissons, des solstices et autres grands cycles naturels marquent le renouveau perpétuel de la communauté qui perdure entre deux cycles de "vaches maigres" et de "vaches grasses", la mort des individus est ainsi vécue comme le délitement de la communauté en période sèche, compensée par les mariages, naissances et l'initiations de nouveaux membres figurés par le renouveau de la nature à la saison des pluies. (Avez vous remarqué comment les repas d'enterrement finissaient en général dans la bonne humeur, car finalement la mort ne touche qu'un membre de la communauté sans affecter la pérénisation du groupe au delà de la disparition de tel ou tel de ces membres - ça se gâte après chez le notaire, mais c'est une autre histoire...)

Mais au delà de la symbolique du renouvellement des générations, c'est du ressourcement de la force vitale de la communauté par ses rites cultuels que l'on célèbre à travers ces cycles de vie.

Et la vie collective occile entre deux pôles : la saison sèche et la saison humide, où la saison humide est l'antithèse revitalisante communautaire (par communion ritualisée) du délitement individuel loin des "siens". Si la saison sèche n'existait pas pour symboliser ce contre quoi se débat le collectif, il faudrait l'inventer... et c'est ce qui se fait partout dans le monde : hivers-printemps, ying et yang, dieux et démons, bien-mal, Cârème, Ramadan, etc., etc.

 

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